Une norme volontaire pour clarifier et rassurer ?

La sophrologie est une discipline dont la pratique en France est non réglementée. Cette absence de règlementation spécifique questionne à la fois le grand public et les professionnels. 
Comment trier le bon grain de l’ivrai ? 
Comment s’y retrouver lorsque l’on rencontre des « sophrologues » formés en 2 mois et d’autres en 3 années ? 
Face à cette cohorte de « sophrologue », comment distinguer l’amateur du professionnel ?
 
Au-delà de toute la suspension de jugement dont nous pouvons faire preuve, nous devinons que là ou règne le flou, le meilleur comme le pire devient possible. En tant que syndicat, nous devons à tout prix protéger notre profession et la qualité de celle-ci.

 

Qu’est-ce qu’une Norme Volontaire AFNOR ? 

Une norme volontaire repose sur l’obtention du consensus entre tous les acteurs et en ce sens elle met tout le monde d’accord : les acteurs économiques et les consommateurs, les professionnels et les utilisateurs, pour clarifier et harmoniser les pratiques et définir le niveau de qualité, de sécurité, de compatibilité, de moindre impact environnemental des produits, services et pratiques. De ce fait, elle facilite les échanges commerciaux, tant nationaux qu’internationaux, et contribue à mieux structurer l’économie et à simplifier la vie quotidienne de chacun.

 

Une information qui a son importance : Quelle différence entre normalisation et règlementation ?

La règlementation relève des pouvoirs publics. Elle est l’expression d’une loi, d’un règlement et son application est imposée. A contrario, la norme revêt un caractère volontaire. S’y conformer n’est pas une obligation. Elle traduit l’engagement des entreprises à satisfaire un niveau de qualité et sécurité reconnu et approuvé. La norme volontaire peut soutenir la règlementation en étant citée comme document de référence. Seule 1% des normes sont d’application obligatoire.

 

Pourquoi une norme sur la qualité de service en sophrologie ?

Selon l’Organisation internationale de normalisation : Une norme est un document qui définit des exigences, des spécifications, des lignes directrices ou des caractéristiques à utiliser systématiquement pour assurer l’aptitude à l’emploi des … processus et services.
 
L’historicité de la sophrologie nous indique que cette discipline créée dans les années 1960 par Alfonso Caycédo, médecin – neuropsychiatre a dès l’origine, été pratiquée en milieu médical par une poignée d’initiés du secteur de la santé. Depuis, elle s’est développée et touche aujourd’hui un grand nombre de personnes. 
 
Avec le Yoga et l’hypnose, la sophrologie est probablement devenue l’une des Interventions Non Médicamenteuse (INM) très connue et pratiquée par le grand public. La sophrologie fait partie du paysage sanitaire.
 
Pour autant, elle se trouve au milieu des plus de 400 autres INM parfois inquiétantes pour les pouvoirs publics et la population. En dépit des travaux publiés, Il reste encore beaucoup à faire pour rassurer. La norme à cette intentionnalité. Celui de rassurer les inquiets, mais aussi de donner une voie à suivre à ceux qui voudrait se lancer dans la profession de sophrologue.
 
Pratiquée en individuel ou en groupe, en cabinet, à domicile ou en entreprise. Elle s’est fait une place dans l’accompagnement personnel et professionnelle, mais elle à a aussi su trouver toute sa place dans les accompagnements pluridisciplinaires dont bénéficient les personnes atteintes de maladie grave, invalidante, de longue durée... Les techniques sophrologiques de relaxation de la sophrologie apaisent le mental des personnes atteintes de cancer, soulagent les personnes acouphéniques, les personnes confrontées au burnout, à l’anxiété, aux troubles du sommeil…
 
Si en matière de connaissance de soi, d’harmonisation de son corps et de son esprit, cette discipline démontre tous les jours les bienfaits qu’elle apporte. Il reste beaucoup restait et reste à faire pour clarifier ses spécifications, ses lignes directrices, les caractéristiques qui permettent de savoir ce que l’on peut attendre d’un sophrologue professionnel qui pratique une sophrologie qualitative et exigeante.
 

Donner le meilleur dans sa pratique de la sophrologie

Bien entendu, si comme tous les professionnels de l’accompagnement, le sophrologue professionnel à une obligation de moyen et non de résultat, c’est pour s’assurer qu’il va se donner les moyens d’une pratique exigeante et à défaut, une pratique sur laquelle il y’a « consensus » qu’une commission de normalisation chapoter par l’AFNOR à a été instaurée en vue d’élaborer une norme sur la « qualité de service du sophrologue ».
 
« Exigences, spécifications, lignes directrices caractéristiques à utiliser systématiquement pour assurer services de qualité lorsque l’on propose de la sophrologie. » C’est avec cette vision de la NORME que le Syndicat des Sophrologues Professionnel s’est positionné dans un processus de normalisation. Depuis plusieurs mois deux années déjà, nous débattons, défendons nos valeurs point par point. Nous vous informons qu’un consensus a été trouvé. Dernière étape avant la publication, la norme va partir en enquête publique en début d’année 2021.
 
Cette norme n’est pas la panacée, Elle a pour autant même si elle a le mérite de poser quelques exigences, des spécifications et des lignes directrices pour la mise en œuvre du service qu’est la sophrologie.
Pour autant, elle ne reflètera pas forcément toutes les valeurs que le syndicat des sophrologues professionnels porte depuis 17 ans, car rappelez vous c’est un Consensus. Mais de cela, nous vous en reparleront plus tard.
 
Comme toujours, dès le retour des résultats de cette enquête publique. Nous vous tiendrons informé des suites.
 
Isabelle Berthé       
Présidente   

 

Adeline Kameni
Administratrice en charge de la Formation, l’Ethique et la Déontologie                     

 

 
*Enquête publique : informer le public sur la création de projets à venir. Permettre à tout citoyen de s’exprimer en recueillant son observation et ses remarques sur un registre. - réunir toutes les informations nécessaires à la connaissance de l’autorité compétente pour sa prise de décision.

 

1-Syndicat des sophrologues professionnels (SSP),Syndicat français de sophrologie caycedienne (SFSCay), Syndicat des Sophrologues indépendant (SSI), Société française de sophrologie (SFS),
Fédérations des écoles professionnelles en sophrologie (FEPS), Institut de formation à la sophrologie – Aliotta formations, Chambre Syndicale de la Sophrologie, Sofrocay International
 

 

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