Syndicat des sophrologues Professionnels (SSP)

Quel est l’enseignant qui n’a pas vu l’un de ses meilleurs élèves perdre tous ses moyens au moment de passer l’épreuve théorique générale ou l’examen pratique ? Rien de plus normal, mais rien non plus d’inéluctable si, grâce aux thérapies brèves, l’élève a appris à maîtriser ses émotions.
Un manque de préparation psychologique, tel est la plupart du temps la raison de l’échec d’un élève pourtant prêt à se présenter à l’examen. Et comme le fait remarquer Emmanuel Dufour, directeur d’Okiciya, un Centre de mieux-être, de coaching et de formation situé à Lure, en Haute-Saône, «  cette situation d’échec risque d’avoir des répercussions à moyen terme. Elle peut perturber l’élève qui n’a pas su gérer ses émotions le jour J  ». On comprend qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Ce que confirme Anne-Mathilde Gomez, qui dirige l’auto-école AMG à Bourges, dans le Cher. «  Nous devons être attentifs à leur état émotionnel, explique la gérante. Détecter au plus tôt ceux qui n’ont pas confiance en eux, fait partie intégrante de notre métier. Y parvenir, c’est nous adapter et leur permettre de passer les épreuves théoriques et pratiques dans les meilleures conditions possibles  ».


La sophrologie à la rescousse

À cet effet, Anne-Mathilde Gomez a opté pour la sophrologie. «  C’est Claude, notre secrétaire, qui m’a proposée d’organiser des séances de sophrologie. Elle était persuadée que ce serait très positif  ». Les séances ont lieu dans les locaux de l’auto-école. La sophrologue prend en charge quatre ou cinq élèves maximum à chaque fois. «  J’y ai cru d’emblée, confie Anne-Mathilde avec un grand sourire dans la voix, et les résultats ont été immédiats et assez bluffants. Nous avons toutes remarqué que ceux qui s’étaient prêtés au jeu étaient plus réceptifs, plus attentifs, plus concentrés sur leur conduite notamment et peut-être aussi moins agressifs au volant que ceux qui n’avaient pas – ou pas encore – suivi les séances de sophrologie  ». Très vite, ces séances ont été intégrées dans le forfait 20 heures dont le prix reste raisonnable. «  Après une séance, conseille Anne-Mathilde Gomez, ce qui compte, c’est de ne rien à faire ! Cela procure un tel bien-être, une telle détente, qu’il faut pouvoir, savoir en profiter pleinement  ».

Redevenir acteur de ses sensations

Sarah Hassine, responsable de la communication du Syndicat des sophrologues professionnels, ne saurait la contredire ! Sophrologue installée à Paris, elle reçoit des clients qui lui sont envoyés par des écoles de conduite. Les séances sont individuelles, mais les principes et les résultats sont identiques à ceux de sa consœur qui intervient auprès des élèves d’Anne-Mathilde Gomez. «  La sophrologie est avant tout une approche psychocorporelle, explique Sarah Hassine. Elle se place résolument en dehors du champ spirituel. En première intention, nous sommes à l’écoute, une écoute bienveillante. Nous repérerons ainsi des signaux sur lesquels nous allons nous appuyer pour mettre en œuvre le protocole qui permettra au client de gérer ses émotions, de se débarrasser de ses tensions internes. Chaque personne produit ses propres ressources. Elle part pour cela de mots, de sensations, d’images et de sons, de couleurs ou d’odeurs  ».
 
Guidée par le professionnel, la personne travaille sur les cinq sens pour, au fond, «  déconnecter de son corps  ». «  Et ce n’est pas une mince affaire !  », insiste Sarah Hassine. En effet, «  nous oublions que nous sommes faits de chair et d’émotions, que notre corps est en permanence traversé de sensations. Grâce à la relaxation qui n’est pas une fin en soi mais plutôt un outil qui nous amène, par la respiration et la détente musculaire, à un état de veille-sommeil, nous redevenons acteur de ces sensations. Cette réinitialisation de la programmation corporelle rend signifiant chaque geste appris  : détente, prise de recul, harmonie intérieure, etc. Petit à petit, nous nous réinstallons dans notre corps, nous nous le réapproprions  ».
Chaque séance est différente, explique la thérapeute. «  On travaille aussi bien assis que debout, mais l’objectif que nous recherchons, est toujours le même  : donner à notre client la possibilité d’être au mieux de ses propres capacités, à l’image d’un sportif avant la compétition. Rien ne doit plus venir polluer cet état de forme  : oubliés la peur de l’échec, les mains fébriles et moites, le cœur qui bat trop vite, résume Sarah Hassine. Je suis bien dans mon corps, je suis bien dans le temps présent  ».
 
Les séances avec le professionnel ne sont pas suffisantes. Pour qu’elles aient des effets à long terme, il faut accepter de pratiquer les exercices qui sont donnés à la fin de chacune de ces séances. «  Pour aider mes clients à répéter ce que nous venons de faire ensemble, je leur confie un enregistrement du moment passé ensemble. Cela leur permet d’approfondir ce qu’ils viennent d’apprendre et de cultiver les ressources qu’ils ont découvertes en eux  », conclut Sarah Hassine.

Adapter la thérapie à la personnalité du client

La sophrologie n’est pas la seule méthode efficace. Enseignant à la conduite, mais aussi hypnothérapeute ericksonien à Tours, Fabien Boulay nous confiait il y a quelques mois, dans La Tribune des Auto-Écoles n°224, que l’hypnose qu’il pratique est une bonne façon pour les élèves de préparer leurs examens. «  Avec une séance, ils arrivent à pallier la perte de 60 à 70 % de leurs capacités  », affirmait-il. Emmanuel Dufour partage sans doute ce point de vue, mais lui ne se contente de la sophrologie et de l’hypnose ericksonienne. «  Je vais cerner au plus près la personnalité de l’élève, comprendre pourquoi il m’a été adressé et par la suite trouver au cours de la séance, la meilleure des méthodes pour créer des changements  », dit-il. Dans ce qu’il appelle lui-même sa caisse à outils, il a également la PNL ou programmation neurolinguistique et bien d’autres techniques de thérapies brèves comme l’EFT (pour Emotionnal Freedom Technique ou Technique de libération émotionnelle) ou encore l’EMDR (pour Eye movement desensitization and reprocessing ou désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires), une thérapie développée par la psychologue californienne Francine Shapiro et arrivée en France via le psychiatre David Servan-Schreiber. «  Il me faut trouver avec mon client le meilleur angle d’attaque, celui qui va lui permettre de gérer au mieux ses émotions et sa personnalité. Cela peut passer par le conscient ou s’il y a une fermeture, un bouclier, par l’inconscient en ayant recours à l’hypnose par exemple, explique Emmanuel Dufour. Généralement, nous obtenons des résultats en trois séances. J’appelle alors l’enseignant et ensemble, nous explorons les pistes qui vont lui permettre de gérer la personnalité de l’élève avec toujours quelques grands principes  : s’attacher à trouver les mots justes, ne pas mettre la pression, encourager plutôt que critiquer sans cesse, etc.  » En écoutant Emmanuel Dufour, on comprend que les enseignants doivent, pour être véritablement efficaces, recevoir une formation, sans pour autant devenir des thérapeutes.

Coacher nos élèves !

Ce n’est donc pas un hasard si l’équipe des enseignants de l’Auto-Ecole EC+ à Luxeuil-les-Bains, en Haute-Saône, a suivi, à l’initiative de son gérant, Jean-Basile Diosdado, des sessions de coaching à Okiciya. «  Quand, il y a 3 ans, j’ai rencontré Emmanuel Dufour dans un groupe d’entrepreneurs, je me suis immédiatement dit qu’il fallait essayer cette méthode pour donner une chance de plus à nos élèves, confie Jean-Basile Diosdado. Nous nous étions rendus compte qu’ils étaient de plus en plus nombreux à avoir du mal à gérer leurs émotions, non seulement le jour des examens mais plus globalement tout au long de leur formation. Si, dans un premier temps, nous avons proposé à Emmanuel Dufour de prendre en charge, avec leur accord, nos élèves les plus en difficulté, nous avons aussi vite compris qu’en tant que professionnels de l’enseignement de la conduite, nous devions nous former afin de pouvoir, à notre tour, coacher nos élèves au moins jusqu’aux examens  ». Coacher… cela peut surprendre, inquiéter, voire être critiqué quand la profession met en avant son savoir-faire en matière d’enseignement. Jean-Basile Diosdado ne se laisse pas démonter  : «  Avec l’enseignement reçu à Okiciya, nous avons appris à travailler sur un mode bienveillant et plus positif, plaide-t-il. Nous sommes devenus des enseignants plus proches de nos élèves  ». Plus tôt ces derniers commencent leur apprentissage auprès d’Emmanuel Dufour, mieux c’est. Très vite en effet, les leçons de conduite se déroulent avec plus de sérénité et plus d’efficacité. Il s’établit une relation de confiance entre l’enseignant et l’élève qui va ainsi pouvoir gérer ses émotions, surmonter ses peurs, mais également mieux anticiper les situations dans la circulation, avoir du recul sur ce qu’il fait au volant. «  Ce qui marche parfaitement pour l’enseignement classique de la conduite a aussi des effets bénéfiques pour ceux qui optent pour l’AAC, insiste Jean-Basile Diosdado. Cet apprentissage est souvent conflictuel au point de remettre parfois en question l’équilibre parents-enfant. Dans la voiture, la pression monte, une tension s’installe. Si l’enfant a été coaché et peut maîtriser son stress, tout redevient possible  : la tension redescend petit à petit, l’équilibre se rétablit  ».

Une thérapie pour gérer ses émotions toute la vie

«  Nous travaillons sur le symptôme, conclut Emmanuel Dufour, mais maîtriser son stress pour passer son permis ne peut pas être une fin en soi. Il faut que cet apprentissage soit pérenne !  ». Au fond, comme l’explique Sarah Hassine, «  la personne doit avoir acquis une certaine confiance en elle pour pouvoir ensuite gérer les situations de stress qu’elle peut rencontrer tout au long de sa vie  ». Et pour être certain que le résultat obtenu perdurera, une piqûre de rappel, six mois après la dernière séance de thérapie, n’est pas inutile.

 

Source : La Tribune des Auto-écoles

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